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Sud Ouest : "Des comédiennes et comédiens rendent aux hommages aux morts du Covid-19"

Mis à jour : juil. 6

Trente artistes ont prêté leur voix aux familles des victimes du Covid-19. Leurs textes rendent hommage aux personnes mortes dans la solitude et demandent un droit de visite pour les patients.



Catherine Frot, Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin… Ils sont 30 comédiennes et comédiens à avoir prêté leur voix pour lire les témoignages des familles des victimes du Covid-19. Dans des courtes vidéos publiées ce mercredi 17 mars, ils rendent hommage à ceux qui sont décédés seuls, un an après l'annonce du premier confinement.


Dire « adieu au visage »


L’idée émane de la comédienne et directrice du théâtre Antoine à Paris, Stéphanie Bataille, dont le père est mort du Covid-19 en janvier, seul. La comédienne a alors créé un groupe Facebook et une adresse mail pour recueillir les témoignages de personnes vivant la même situation : plus d’un millier de courriers lui ont été adressés, fait savoir Franceinfo.

Seuls et face à la caméra, les artistes lisent les messages des familles des victimes qui n’ont pu dire au revoir à leur proche décédé « sans personne ». Stéphanie Bataille déplore par ailleurs le protocole sanitaire interdisant aux proches de dire « adieu au visage ». Après leur mort, les victimes du Covid-19 sont rapidement placées dans un cercueil scellé. « Le corps est tout nu : déshabillé, bâché, eau de Javel. On ferme le cercueil et on vous présente à la chambre funéraire un cercueil fermé. C’est hallucinant », témoigne la comédienne.


« Sacraliser le droit de visite des malades »


Pour faire évoluer les conditions d’hospitalisation des malades et soulager la détresse des familles, Stéphanie Bataille et Laurent Frémont ont créé le collectif « Tenir ta main ». Ils espèrent ainsi « sacraliser le droit de visite des malades. […] C’est un droit fondamental, on sait à quel point c’est important quand on est à l’hôpital de se sentir entouré. Isolés, les malades se laissent mourir. La médecine appelle ça un glissement, moi j’appelle ça mourir en détresse », se désole-t-elle dans Le Parisien.

Pour réaliser la lecture des lettres par les 30 artistes, Stéphanie Bataille a d’abord demandé aux proches « et en une journée ils ont tous envoyé leur vidéo ».



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