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Europe 1: "Covid-19 : un mémorial voit le jour à l'église Saint-Sulpice à Paris"

Dernière mise à jour : juil. 6



Pour accompagner les familles dans leur deuil, le collectif "Tenir ta main" a crée un mémorial dédié aux victimes du Covid-19, au sein de l'Eglise Saint-Sulpice. Ce vendredi, se tenait la première cérémonie d'hommage. Une cinquantaine de personnes étaient présentes.


REPORTAGE Plus de 109.000 personnes en France ont perdu la vie à la suite d'une contamination au Covid-19, depuis le début de la pandémie l'année dernière. Un triste bilan pour le pays et les familles, qui n'ont pas pu faire leurs adieux dans la dignité avec la mise en place de diverses mesures pour limiter les contacts avec les morts contaminés. Pour rendre hommage à ces victimes du Covid-19, un mémorial a été inauguré ce vendredi dans l'église Saint-Sulpice à Paris.

Un lieu de recueillement Accessible à tous pendant la période de la pandémie, ce mémorial a vu le jour grâce au collectif "Tenir ta main", qui recueille les témoignages des familles endeuillées. Chaque vendredi, une cérémonie est également organisée dans l'église, où des photos et des messages d'adieu recouvrent déjà les murs. Pour beaucoup, ce mémorial est l'occasion de finaliser son deuil. "D'avoir pu déposer sa photo, c'est en fait lui donner une visibilité qu'elle n'a pas eue", souligne Martine, présente dans le lieu de culte. Sa mère est décédée en janvier dernier dans sa chambre d'EHPAD, après des semaines de solitude, regrette-t-elle. "La porte est ouverte à tous" Dans les rangs de chaises de l'église, ils sont nombreux à tenir en main une photo de leurs proches. "C'est moi qui ait appelé l'hôpital parce que mon frère ne me répondait plus au téléphone. C'est comme ça que j'ai appris sa mort", raconte Agnès, présente à la cérémonie avec une photo de son frère dans ses mains. "Je n'ai pas pu le voir, il est parti dans un sac en plastique. Il n'a même pas été habillé. Les obsèques sont passées tellement vite, je n'ai pas pu le voir mort... Donc c'est important d'avoir quelque chose pour se recueillir et se sentir moins seul", ajoute-t-elle. "La porte est ouverte à tous, croyants, non croyants. C'est une blessure collective, on doit se retrouver ici", explique la fondatrice du collectif "Tenir ta main", Stéphanie Bataille. Elle espère désormais que ce mémorial trouvera un écho dans d'autres villes de France.

Par Marion Gauthier, édité par Yanis Darras

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