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Le Point : "Covid-19 : Je ne voulais pas embrasser mon père, je voulais simplement le voir"

Dernière mise à jour : juin 25

Stéphanie Bataille, humoriste et fille du comédien Étienne Draber, décédé du Covid le 11 janvier dernier, dénonce « une forme d’inhumanité ».



« Mon père est parti tout seul, il nous réclamait à cor et à cri. » C'est à un témoignage bouleversant que les téléspectateurs de CNews ont assisté ce matin dans l'émission de Pascal Praud, L'Heure des pros. Stéphanie Bataille, la fille du comédien Étienne Draber, y décrit les conditions dans lesquelles son père, admis pour une banale opération, est décédé des suites du Covid, contracté à l'hôpital.


« Après l'opération, il était heureux comme tout, il ne pensait qu'à ressortir pour visiter les musées, retourner au théâtre quand ceux-ci auraient rouvert. » Testé positif pendant sa convalescence, l'acteur, âgé de 81 ans, se retrouve isolé dans une unité Covid avec pour interdiction de voir sa famille. Son état se dégrade malgré une amélioration passagère. Il décède finalement le 11 janvier. « Je veux sortir de là parce que je ne vous vois pas, m'a-t-il dit avant de mourir », raconte l'humoriste, contactée par Le Point. Les refus répétés, le désespoir d'un mourant, ces adieux qui n'auront pas lieu, Stéphanie Bataille revient sur les conditions tragiques de cette disparition à l'heure du Covid : « Si j'ai tenu à témoigner, c'est pour dénoncer une forme d'inhumanité. »


Le Point : Lorsque votre père a su qu'il ne pourrait pas vous voir en raison de son transfert dans une unité Covid, comment a-t-il réagi ?


Stéphanie Bataille : Après une période difficile, mon père nous fait savoir qu'il va mieux et souhaite nous voir. Je fais des pieds et des mains auprès du personnel parce que, tout le monde le sait, c'est quand on est malade que l'on a besoin de son entourage, mais interdiction totale. Il se passe dix jours de cauchemars incessants pendant lesquels il est impossible de le voir autrement que par une tablette ; et je ne vous parle pas des week-ends : il y en a deux par unité Covid, ce qui ne laisse qu'une demi-heure par patient. C'est comme si mon père était sur la lune. Je peux vous le dire, c'est assez surréaliste comme situation. C'est là que son état a commencé à se dégrader.


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